Je profite de ce petit rendez-vous entre nous pour vous avouer que je souffre depuis peu d’une profonde douleur.
Mon quotidien en a été profondément bouleversé et je dois conjuguer cette souffrance avec mes activités et surtout garder le sourire. Pour tout vous avouer, le mal qui m’affecte et dont nous souffrons aujourd’hui a pour nom : la crise ! Aussi, à l’image des pèlerins se rendant à Lourdes pour boire l’eau qui contribuera peut-être à les guérir, j’ai décidé de profiter de ces quelques rayons de soleil de cette fin d’été pour suivre une thérapie de choc dans la cité du Bailli de Suffren plus connue sous le nom de Saint-Tropez. Confortablement installé sur une terrasse de ce petit port, je commande un café et observe le balai des yachts de luxe arrimés au quai d’honneur. Lorsque le serveur m’informe qu’une semaine de location avoisine les 400 000 €, je sens s’éloigner les douleurs de la crise.
A mes côtés, les yeux rivés sur son ordinateur, un quinquagénaire explique à son voisin de table que la chute des cours boursiers lui a finalement permis de réaliser quelques belles opportunités et glisse sous une coupelle un billet de couleur mauve en règlement de ses consommations. S’il savait combien son bonheur suffit à combattre le mal qui me ronge… Après le passage de rutilantes limousines, la guérison ne faisant plus aucun doute, je pris le chemin du retour et, lorsque arrêté au feu rouge, je vis s’écraser sur mon pare-brise l’éponge crasseuse de ce rom aux pieds nus, j’ai bien compris que le mal était profond et que je ne m’en sortirai pas aussi vite.
Bonne lecture et à bientôt !















